la ronce, une mine d'or

Allons voir si la Ronce…

La ronce, une forteresse épineuse… à identifier

la ronce

Vraiment? Pourtant tout le monde sait reconnaître une ronce.

Mais de quelle espèce de ronce s’agit il? là, c’est plus compliqué.

En effet, il en existe entre 400 et 1000 espèces selon les auteurs. Les ronces s’hybrident facilement entre elles ce qui les rend très difficile à identifier. C’est d’ailleurs pour cela que la “batologie” (du grec batos: la ronce) existe, c’est une discipline à part entière.

Ici, on ne va pas aller dans le détail de l’espèce, mais rester sur les grandes caractéristiques de la famille et du genre des ronces, puisque les propriétés médicinales des différentes espèces de ronces se valent.

Avec des tiges d’une hauteur allant jusqu’à 10m, mais un diamètre ne dépassant pas 2 à 3 cm, la ronce semble difficile à classer: arbuste ou herbacées? La clématite, le chèvrefeuille ou la vigne présentent les mêmes caractéristiques que la ronce ce sont “arbrisseaux sarmenteux” . La ronce appartient à une immense famille qui nous est très connue: les Rosacées. On trouve bon nombre de fruitiers comme le poirier, pommier, cerisier, les rosiers, les fraisiers, ou encore la Reine des Près. Elle fait partie du genre Rubus. Quant aux espèces de ronce il en existe plus de 400.

Cependant celle que l’on a le plus de chance de croiser sur nos territoires est la ronce commune, Rubus fructicosus L. La ronce présente de longs rameaux sarmenteux, herbacées en première année, puis devenant ligneux l’année suivante, avant de sécher et mourir. Les fruits se développeront sur les rameaux de deux ans (sauf cas particulier d’espèce vivant dans un environnement particulièrement difficile, dans ce cas, les fruits peuvent se développer sur les rameaux d’un an).

Le roncier est en constant renouvellement, les nouvelles pousses remplacent très rapidement les longues tiges mortes, ce qui en fait des buissons impénétrables. Au pied de la ronce, on trouve des turions (jeunes bourgeons souterrains) qui poussent très rapidement et donneront les premières tiges herbacées couvertes d’épines.

En fait, la ronce ne comporte pas proprement parlant d’épines, mais des aiguillons. Ces derniers, en plus de permettre à la ronce de se protéger des prédateurs lui permet de s’accrocher. Elles sont plus ou moins denses le long de la tige. Elles sont à l’origine, de simples poils, contrairement aux cactus ou chardons qui doivent leurs épines à des feuilles transformées. Ces épines sont utiles pour protéger la ronce des prédateurs et l’aider à conquérir du territoire en s’accrochant pour gagner en hauteur et trouver la lumière.

Très peu de prédateur peuvent ainsi nuire à la ronce. Les chèvres, qui, pourtant sont de redoutables herbivores, ne peuvent attaquer que les jeunes turions sans jamais toucher aux vieux rameaux sarmenteux, trop épineux pour elles.

Quelle est la différence entre épine et aiguillon?

Les aiguillons deviennent ligneux avec le temps. Les aiguillons, à la différence des épines se détachent très facilement des rameaux. L’épine est un organe dégénéré, (feuille…),elle est issue du bois.

Botanique et reproduction de la ronce

La fleur, composée de 5 pétales, 5 sépales et de nombreuses étamines produit un fruit, que l’on nomme communément: la mûre.

En fait, cette mûre est un agglomérat de fruits qui se nomment drupes. Chaque drupe contient une graine. On différencie une ronce d’un framboisier en fonction de la manière dont on détache la drupe. Si la drupe reste solidaire de son réceptacle, c’est une mûre, s’il se détache, c’est une framboise.

Les feuilles sont composées de 3 à 7 folioles plus ou moins bien définie. Certains pieds en auront 3 d’autre 5 ou 7. Il peut même exister des pieds de ronce avec des feuilles comprenant 3 et d’autres 5 folioles.

feuille de ronce

On peut aussi trouver sur le même pied de ronce des feuilles dont la division du limbe est encore “imparfaite” dans ce cas, on parle de lobes. La ronce ne se fatigue pas à faire du bois mais produits de longs rameaux sarmenteaux capables d’aller chercher la lumière en hauteur ou au ras du sol.

Ces derniers permettent à la plante de se multiplier aisément grâce au marcottage. Elle se dissémine également par semi, bouturage, drageons ou stolons. Grâce à sa rapidité de reproduction, sa vigueur et ses redoutables épines, la ronce est une puissante conquérante. Elle colonise tout ce qui l’entoure. Un pied de ronce peut, dès sa deuxième année donner des rameaux allant à plusieurs mètres de sa souche. On dit qu’en moyenne, si la ronce n’est pas perturbée; son pied peut donc donner naissance à un roncier de 15 mètres carrés en quatre ans. Par ici ou par là, la ronce est presque partout: La ronce à su s’adapter et coloniser tout notre hémisphère nord. Il en existe des géantes, d’autres sont annuelles, elles s’adaptent à tous les climats, des plus arides aux plus riches, des prairies salés aux sombres forêts en passant par les hauts sommets montagneux. La ronce à cette capacité à pouvoir pousser dans tous les types de sol, acide, calcaire, sec, pierreux…

Elle affectionne pourtant davantage les lisières, talus, broussailles, clairières terrains vagues et friches. La ronce première colonisatrice d’un milieu, indispensable à son évolution: La ronce répare nos excès en couvrant très rapidement un sol. Par exemple, après de forte coupe d’arbre en forêt, ou une parcelle agricole laissée à l’abandon, elle sera l’une des premières à s’installer.

Le roncier est très utile puisqu’il permet à une faune plus riche et variée de trouver des abris et de s’installer. Elle offre le gîtes et le couvert à une grande biodiversité. Les abeilles butinent ses fleurs et récoltent leur pollen. Les chenilles papillons mangent le limbe de ses feuilles. Les lapins et autres mulot y trouvent refuge.

Certain carnivore comme le renard ou le blaireau se nourrissent de ses fruits . C’est d’ailleurs une méthode de dissémination des ronces très intéressante. En effet, la capacité germinative des graines de ronce est de 20%. Lorsque les fruits sont ingérées par un renard puis relâchées dans l’environnement via ses déjections, ces mêmes graines atteignent 35% de pouvoir germinatif, la nature est bien faîte. Heureusement, les herbivores comme les chevreuils ou les biches savourent également ses feuilles, ce qui permet de limiter l’expansion déraisonnable du roncier.

L’indispensable roncier

Le roncier n’est en fait qu’un état intermédiaire entre une prairie et une forêt. Elle n’a pas vocation à rester en place des années. En effet, la ronce rend le sol plus léger et facilite ainsi la germination des autres graines d’arbres.

De plus, elle empêche les prédateurs de manger les nouvelles pousses d’arbre qui trouvent refuge au milieu des épines du roncier. Elle les protège mais les obligent à croître rapidement pour atteindre la lumière. Les forestiers connaissent bien ses atouts et la nomme la “mère des chênes” car beaucoup d’entre eux y trouve un abris avant de devenir centenaire. Cependant, l’envahissement complet d’un terrain par la ronce à grande échelle peut tout d’abord passer par un appauvrissement du milieu en biodiversité. Cela est pourtant une étape indispensable et naturelle vers le retour à un milieu équilibré. C’est ce que l’on appelle l’évolution naturelle du biotope.

Quelle est la différence entre ronce et murier?

Le mûrier et la ronce n’ont rien à voir si ce n’est la couleur et le nom et la forme de leur fruit. Oui, en réalité le mûrier est un arbre de la famille des Moracées.

Utilisations thérapeutique de la ronce:

les parties employées Outre son utilisation possible en vannerie (sarments), ou comme teinture, la ronce à des propriétés médicinales bien connues puisque sa feuille est inscrite à la pharmacopée française.

Ses feuilles, de part leur richesse en tannins, sont très astringentes. Elles en contiennent de 5 à 14% ce qui est énorme. Il est à noter que la famille des rosacées en générale, est riche en tannins.

Ceux-ci permettent de raffermir les tissus enflammés et détruisent les germes infectieux. Ils sont bactéricides, astringents, et antidiarrhéiques. Les feuilles sont également riches en flavonoïdes et vitamines C (90 mmg/100 g de feuilles), pectines et sels minéraux.

Elles sont donc tout naturellement utilisées principalement pour calmer les maux de gorge (angines, pharyngites), ou les irritations buccales comme les aphtes et gencives enflammées.

On les emploi également pour soulager règles trop abondantes ou les diarrhées et les dysenteries.

Par voie externe, on peut l’utiliser pour réduire l’eczéma et réguler le sébum.

Les mûres sont également très bonnes pour notre santé.

Elles contiennent des mucilages, des pectines de la vitamines C, de la provitamine A et vitamine E ,des anthocyanes et des substances minérales. Elles surpassent d’ailleurs beaucoup de fruits par leur teneur élevée en magnésium et fer. Leur couleur foncée indique la présence d’antioxydants qui protègent l’organisme des radicaux libres.

Recettes: Le thé de ronce:

Hacher ensemble ⅔ de feuilles de ronce et ⅓ de feuille de framboisier. Mettre le tout dans un torchon humide et laisser fermenter 2 jours.

Les feuilles auront brunies et prendront une odeur agréable.

Faire sécher le tout et stocker ces feuilles à l’abris de la lumière et de l’humidité. A consommer comme un thé.

Recettes sympathiques à essayer à base de mûres:

Le vinaigre aux mûres:

Ingrédient:

Vinaigre de cidre 0,75L 500 g de mûres

Mettez les ingrédients à macérer ensemble pendant 2 ou 3 jours à température ambiante.

Filtrer.

Faire bouillir pour réduire le vinaigre.

Mettre le tout dans un récipient fermé.

Idéale pour assaisonner vos salades

Comment utiliser / préparer la feuille de ronce?

Bien qu’on utilise sa feuille, il faudra faire une décoction et non une infusion.

En effet, vous verrez que ses feuilles sont assez épaisses et se prêtent mieux à une décoction.

C’est avec les jeunes pousses de feuille, cueillies avant la floraison que l’on fait les meilleures décoctions.

Laisser frémir 2-3 min puis infuser 15 min à couvert

Quantité: utilisez entre 40 et 50 g de feuilles sèches par litre et boire ⅔ tasses par jour.

Contre les maux de gorge, préparez une décoction des feuilles à utiliser en gargarisme deux à trois fois par jour.

En tisane, on utilisera les feuilles plutôt contre les règles abondantes ou les diarrhées.

A prendre loin des repas pour ne pas bloquer l’absorption des nutriments et médicaments (à cause des tannins).

Ne pas en consommer si vous êtes sujet à la constipation.

Sources bibliographiques:

Bernard Bertrand Pour l’amour d’une ronce 2015

Thierry Thévenin Le Chemin des herbes, 2015

Rustica Hors série 50 Plantes pour être en bonne santé 2015

Christophe Bernard:Althea provence https://www.altheaprovence.com/

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